Éclaircissement au sujet de la confusion sur la certification EN 10204 de type 3.2 liée à la complexité croissante de la chaîne d'approvisionnement

Auteur : David Thompson, inspecteur sénior Énergie, Coventry, Royaume-Uni

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Les fabricants doivent de plus en plus démontrer que les matériaux qu'ils utilisent dans des applications d'équipements sous pression critiques pour la sécurité possèdent les propriétés chimiques et mécaniques requises. À ce titre, l'utilisation de la norme EN 10204:2004 pour les documents de contrôle de produits métalliques est devenue plus répandue, y compris au-delà de l'Union européenne. En tant que organisme tierce partie indépendant, Lloyd's Register informe les fabricants au sujet des mythes qui entourent la certification EN 10204 de type 3.2 et les méthodes d'inspection qu'elle implique. 

Deux types de certificats de contrôle sont répertoriés dans la norme EN :

  • 3.1 : un document émis par le fabricant qui précise que les produits livrés sont conformes aux exigences de la commande et qui est accompagné de preuves des résultats de test du fabricant. Le document est validé par le représentant du contrôle autorisé du fabricant, qui est indépendant du service de fabrication.
  • 3.2 : un document préparé à la fois par le fabricant et une tierce partie indépendante, dans lequel ils déclarent que les produits livrés sont conformes aux exigences de la commande, et qui fournit les résultats de test. 
L'objectif de la certification de type 3.2 est de vérifier la conformité du matériel de manière indépendante à travers la chaîne d'approvisionnement, en remontant jusqu'à l'aciériste.
 

Tout d'abord, un peu d'histoire...

La norme EN 10204 a d'abord été publiée en 1991, à partir de la norme allemande DIN 50049 : « Documents de contrôle pour la fourniture de produits métalliques ». Elle était alors destinée aux aciéristes. Depuis, la chaîne d'approvisionnement de l'acier s'est complexifiée. Les petits fabricants utilisent des revendeurs ou des stockistes d'acier, car c'est la solution la plus économique pour les commandes relativement limitées de matériel certifié EN 10204. 
 
Les stockistes sont également devenus très impliqués dans la fourniture de métaux pour les équipements de pétrole et gaz sous-marins, où la traçabilité et les propriétés des métaux sont des préoccupations de sécurité essentielles.
 

Frustration dans l'industrie

Inspection - stockedsteel_306x172Au printemps dernier, des experts de Lloyd's Register ont invité des fabricants d'équipements sous pression et des stockistes d'acier au Royaume-Uni pour une conférence sur la certification de type 3.2. Des clients tels qu'Alstom Power Thermal Services et Sulzer Pumps ont présenté leur point de vue sur les exigences de la norme EN 10204. 
 
Un conférencier a exprimé sa frustration quant aux fournisseurs étrangers dont les tuyauteries et raccords satisfont aux spécifications sur le papier, mais échouent aux tests lorsqu'ils sont envoyés au laboratoire. Cela est dû à plusieurs problèmes, dont des certifications qui ont été modifiées, ou qui montrent les marques d'un organisme de certification sans sa permission. L'industrie craignait également que la norme EN 10204 ne soit plus applicable dans sa forme actuelle, en raison de la nécessité de certifier des voies de traitement complexes de la chaîne d'approvisionnement et des assemblages multi composants complexes.
 

Objectif : la traçabilité

La véritable certification de type 3.2 implique des visites de l'inspecteur indépendant chez le fabricant pour un examen visuel, des vérifications dimensionnelles d'échantillons, et la confirmation que le matériel est traçable jusqu'à analyse de coulée chimique et que ses propriétés respectent les exigences spécifiées. L'inspecteur doit également visiter le laboratoire d'essais pour assister aux tests mécaniques appropriés.
 

Stockiste ou fabricant ? 

Des problèmes liés aux exigences de traçabilité et de contrôle peuvent survenir chez les stockistes. Par exemple, si le stockiste effectue des opérations de « modification de propriété » sur du matériel certifié 3.1 ou 3.2, il est alors considéré comme un fabricant. Cela signifie que le matériel peut être certifié/recertifié en type 3.2.

« Intention » ou « conformité »

Mais qu'en est-il si le stockiste se contente de « reprofiler » le matériel, par exemple en  débitant l'équipement certifié 3.1 d'un fabricant ?  
 
Le stockeur n’est dans ce cas-ci pas un fabricant, mais Lloyd’s Register peut inspecter le matériel de façon identique ou similaire. Ceci cause une distinction entre une inspection 3.2 proprement dit, chez un fabricant qui change les caractéristiques des matériaux et la revente du matériel non modifié et est aussi conforme à l’EN10204, qui caractérise uniquement des fabricants.
 
L'acceptabilité du respect de l'intention du type 3.2 doit être confirmée avec l'acheteur avant le début des travaux. 
 

Mythes au sujet du type 3.2

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Un mythe persistant voudrait qu'un tiers indépendant puisse effectuer un « examen des documents » pour la certification de type 3.2 chez le stockiste, puis certifier en 3.2. Lloyd's Register n'admet pas cette pratique, car elle ne vérifie pas la traçabilité du matériel ni ses propriétés. 
 
Dans d'autres cas, des clients ont demandé au laboratoire d'essais d'ajouter la mention « EN 10204 3.2 » à son rapport de test. Cela ne correspond pas à la norme, puisque le laboratoire d'essais n'est pas un fabricant ni un tiers indépendant capable d'émettre un certificat 3.2. Cela crée aussi de la confusion, car les clients supposent alors que le rapport de test du laboratoire d'essais est la seule chose nécessaire à la certification 3.2.
 
Lloyd's Register a pour but de conseiller et d'informer ses clients au sujet de la certification 3.2 afin que l'industrie ait une approche et une interprétation cohérentes de la norme. Cela devrait renforcer la valeur de la certification EN 10204 3.2 comme preuve de vérification effective et indépendante de matériel.
 
Pour plus d'informations sur la conférence au Royaume-Uni et pour télécharger une copie de la présentation, veuillez cliquer ici.
 
À propos de l'auteur :

David Thompson est inspecteur sénior au bureau des services d'inspection Énergie de Lloyd's Register à Coventry. Il travaille chez Lloyd's Register depuis 2008 et est diplômé en génie des matériaux et ingénieur agréé. Avant Lloyd's Register, il a été employé chez GKN pendant 23 ans, où il était impliqué dans le contrôle qualité, la certification, la recherche et le développement de pièces automobiles moulées.

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